J’ai un terrible secret à vous
confier :
Cette année, le Père Noël
refuse de faire sa tournée des
cadeaux ! Il fallait absolument comprendre
ce qui se passait et intervenir rapidement...
Alors, voilà, j'ai décidé d'aller
voir le Père Noël chez lui.
J'ai marché vers le Nord, toujours
plus haut... J'avais de plus en plus
froid. À chaque pays, je rajoutais
une écharpe, un bonnet, des gants,
des chaussettes... J'avais mal aux pieds,
mais j'ai continué, sans m'arrêter,
jusqu'au pays des Esquimaux.

La, j'ai demandé à des
pêcheurs de phoques :
«
S'il vous plaît, où est
la maison du Père Noël
? »
Mais ils ne comprenaient rien
et je ne connaissais pas leur
langue.
J'ai
dû leur
mimer ma question, le plus dur, c'était « s'il
vous plaît » Pour leur faire
comprendre " Père Noël
. Je le décrivais avec des gestes
: sa barbe, son bonnet, son gros ventre
et sa hotte pleine de cadeaux, son sourire
aussi... J'avais l'air bête. Les
pêcheurs riaient, riaient sans
pouvoir s'arrêter. A la fin, ils
sont partis et je n'en savais pas plus.
Alors, je me suis assis sur un gros bloc
de glace et pour la première fois
depuis que j'étais parti, j'ai
désespéré de jamais
trouver le Père Noël...

Je ne savais vraiment plus quoi
faire et, machinalement,
je tirais les
bouloches en laine de mon écharpe rouge.
Pendant ce temps, Je ne m'apercevais
pas que la glace sur laquelle j'étais
assis fondait, fondait à cause,
il faut bien le dire, de la chaleur de
mon derrière !... Tout à coup,
je me suis levé et qu'est-ce que
j'ai aperçu à travers la
glace transparente ? Coincé dedans,
gelé dedans, un œil à moitié ouvert,
la barbe hirsute et le bonnet de travers
? Oui, c'était bien
lui :
Le Père Noël tout congelé !
Alors j'ai soufflé sur
la glace pour qu'elle fonde
complètement
et avec l'aide des Esquimaux,
nous avons réchauffé le
vieux bonhomme. Il m'a expliqué qu'à force
de pleurer, ses larmes avaient
gelé autour
de lui et que c'était
pour ça
qu'il était resté coincé dans
la banquise.

- J'en ai assez, dit le Père Noël.
Je suis fatigué et tellement vieux que je ne connais
même plus mon âge. Je ne
veux plus faire ma tournée,
avec ces milliers de cheminées à descendre
et ces enfants capricieux qui, parfois,
cassent leur jouet... On m'adore au mois
de décembre et le reste de l'année,
personne ne pense plus à moi,
pfuit, aux oubliettes ! ... J'aimerais
qu'ils m'offrent un petit quelque chose,
un dessin, un coquillage, je n'ai jamais
vu de coquillage, moi... ou qu'ils me
donnent des nouvelles au moins! Il s'est
mis à pleurer comme un tout petit
enfant. J'étais triste et j'ai
balbutié :
- Mais moi, Père Noël, moi
je suis venu et je vous donne mon écharpe
rouge qui fait des bouloches, regardez
Père Noël, c'est amusant
les bouloches, ça
occupe les mains.
Alors on a commencé à rigoler
tous les deux, à se lancer des
bouloches et à se
faire des chatouilles...
Et puis j'ai
dit :

- Père Noël, il faut que
vous apportiez leurs cadeaux aux enfants,
II y en a de si petits, de si malheureux,
il y en a même à l'hôpital...
Je vous promets qu'ils vont vous écrire...
en mars ou en juillet... S'il vous plaît,
père Noël.
- Je vais réfléchir, me
dit-il. Il faut que tu rentres chez toi
maintenant. Il m'a prêté son
traîneau super-rapide, je le voyais
en bas qui tirait sur les bouloches,
il était un
petit point rouge,
un tout
petit point, tellement
important.
Les enfants, j'espère que j'ai
réussi à le convaincre
et que Noël aura bien lieu cette
année, mais je vous en supplie,
ne l'oubliez pas après Noël...
Il compte sur vous.