

C'est le soir
de Noël. Le Père
Noël s'apprête à partir en tournée.
Il va livrer des jouets dans le monde entier. Les lutins,
ses voisins, sont venus lui dire au revoir. Il leur fait
un signe de la main puis il grimpe sur son traîneau
et il dit à ses rennes :
- Allons-y, mes jolis... Aussitôt, les rennes s'élancent
au galop. Ils filent à toute vitesse sur la neige.
Cinq, quatre, trois, deux, un... Juste au moment où ils
vont s'envoler, quelqu'un se met à crier :
- Arrêtez ! Ne partez pas !
Comme les rennes sont obéissants, ils s'arrêtent
immédiatement.
Qui a crié ? Une silhouette surgit de la forêt.
Ce grand manteau rouge. cette longue barbe blanche...
C'est lui... c'est le Père Noël ! Les lutins
n'en croient pas leurs yeux. Voilà un deuxième
Père Noël. Et ce Père Noël est
en colère. II répète :
- Ne partez pas. Attendez-moi. Le Père Noël,
c'est moi !

- Pas du tout ! Le Père Noël, c'est moi !
Décollons vite, Nous sommes en retard. Les rennes
ne savent plus à quel Père Noël obéir.
Le premier dit :
- Vous n'allez pas croire cet inconnu ! Envolons-nous.
Et zou... Le deuxième rouspète :
- Je suis allé faire un petit pipi.
dans la forêt et ce vieux brigand a pris ma place.
Faites-le descendre de mon traîneau !
Les lutins sont bien embêtés. Les deux Pères
Noël se ressemblent tellement. Comment reconnaître
le vrai ? Un lutin courageux a une idée. Il s'approche
du Père Noël dans le traîneau et,
d'un coup sec, il tire sur sa barbe.

- Ouille, ouille, ouille ! fait celui-ci.
- Pas de doute, c'est une vraie barbe, affirme le
lutin.
Puis il va tirer sur la barbe de l'autre Père
Noël.
- Aïe, aïe, aïe ! crie celui-là.
- C'est aussi une vraie barbe.
conclut le lutin courageux. Un lutin malin a une
autre idée :
- Le vrai Père Noël connaît le nom
de tous ses rennes. Alors, je vous écoute, messieurs
les Pères Noël.

- Trop facile ! dit en rigolant le Père Noël
sur le traîneau. Et il vient murmurer six noms à l'oreille
gauche du lutin.
- Hyper-simple, lance en ricanant l'autre
Père
Noël.
Et il chuchote les mêmes noms à l'oreille
droite du lutin.
«
Incroyable, soupire le lutin malin... ils m'ont donné tous
les deux la bonne réponse.
Mais deux Pères Noël, c'est beaucoup trop.
Il y a forcément un faux ! »

À cet instant, la porte d'une petite cabane en bois s'ouvre
brusquement.
Un vieux bonhomme en caleçon apparaît.
Il a une barbe blanche et il n'est pas
content.
- Vous avez vu l'heure, dit-il aux lutins.
Je faisais une sieste dans mon cabanon
et personne n’est venu
me réveiller.
Les lutins poussent des cris de stupeur
:
- Encore un Père Noël ! Impossible
!
Trop c'est trop ! Le Père Noël en caleçon
ronchonne :
- Qu'est-ce que vous attendez ? Puis
il ouvre de grands yeux étonnés lorsqu'il découvre
tes deux autres Pères Noël.
-Albert ! Dagobert ! s'exclame-t-il.
- J'avais envie d'essayer ton traîneau, dit l'un.
- Moi aussi, dit l'autre.

Les lutins ne comprennent vraiment plus
rien. Heureusement, le Père Noël en caleçon
leur donne des explications :
- Ces deux barbus sont mes frères,
Albert et Dagobert.
Ils me ressemblent beaucoup,
mais rassurez-vous, le Père Noël, le vrai,
l'unique, c'est moi ! D'ailleurs, je suis le seul à connaître
les adresses de tous les enfants
de la Terre.
- Tu nous emmèneras un jour avec toi ? demandent
en chœur Albert et Dagobert.
- Si vous êtes sages, je vous ferai faire un petit
tour dans l'Univers lorsque j'aurai fini ma tournée,
répond le Père Noël. Alors, vite,
Albert lui passe son manteau, Dagobert lui donne son
pantalon. Et le Père Noël, le vrai, maintenant
tout habillé, s'envole avec
ses rennes pour distribuer ses jouets.
