~ "Joyeux Noël" en alsacien se dit : "Glecklika Wïanachta" ~

 

 

L'Alsace se laisse découvrir par ses marchés, partagés en sept pays de Noël. Le Christkindelsmärik (le marché de l’enfant Jésus) de Strasbourg est sans contredit le plus ancien. Depuis 500 ans, c'est le haut lieu de la gourmandise. On y achète des pains d’épices, du miel, des sucres d’orges, des pommes d’amour. Il existe d'autres marchés aux saveurs incomparables, comme le marché aux bredles, les fameux petits gâteaux de Noël place Kléber. On y retrouve partout, sur fond de clochettes et grelots, la senteur des marrons chauds, des épices, du sucre fondu, du vin chaud.

Arrêtez-vous à Sélestat, berceau de l’arbre de Noël, qui revêt ses plus beaux atours, à Mulhouse où les maisonnettes se sont décorées d’étoffes chatoyantes ou laissez-vous charmer par la Fée aux fraises, les nains de la gorge aux Loups ou la sorcière de Koestlach, tous les personnages des contes et légendes sundgauviens qui s'échappent, un mois durant, des grimoires dans lesquels ils s’étaient assoupis pour envahir la forêt enchantée d'Altkirch.

Au pays des veillées, on a mis la main à la pâte et les schnacka, mannala, berawecka se dégustent entre deux éclats de rire en écoutant une histoire de guignol.

La cuisine sent bon les gâteaux à l'anis et à la cannelle, le kouglof.

Dans le salon, le sapin de Noël brille de toutes ses bougies. Sur la table alsacienne trône majestueusement l'oie et son son foie, princesse alsacienne, courtisée par le chou. C'est à la Saint-Martin, le 11 novembre, que l'on commence systématiquement à gaver les oies.

Saviez-vous que le foie gras alsacien fut inventé par Jean-Pierre Clause, cuisinier du maréchal de Contades, gouverneur militaire de Strasbourg de 1762 à 1788 ? Depuis l'arrivée en Alsace des légions romaines qui avait enrôlé l'oie pour garder les fermes, personne ne s'était attardée au foie, moelleux, fondant dont une seule bouchée vous fait pleurer d'émotion.

Mais il n'y a pas que le foie d'oie. Ce volatile prend place sur la table de Noël dans le “Ganzeltopf” un plat du terroir préparé tout d'abord comme un confit et mitonné au four avec des légumes d'hiver et une bonne bouteille de Sylvaner.

La veille de Noël, la table se couvre de bredle, ces petits fours secs parfumés à l'anis, à l'amande, à la cannelle dont chacun porte un nom qui lui est propre, découpés en forme d'étoile ou de personnage. Il faut ajouter le pain d'épices moulé dans le noyer ou le buis et le chocolat chaud que l'on boit tout doucement dans la cuisine près du gros poêle de faïence en se laissant glisser dans un confortable bien-être.

 

 

 

Au dessus du poêle de faïence trône un vase dans lequel doit fleurir à la Noël des rameaux d'arbres fruitiers qu'on a coupés traditionnellement le 4 décembre, soit le jour de la Sainte-Barbe.

À la veillée, les conteurs font revivre des histoires de légendes en buvant à petites gorgées le vin chaud parfumé. La maison sent bon les branches de sapin fraîchement coupées qui évoquent l'enfance et les effluves de la cuisine. A Ribauville, les cracheurs de feu animent la place de l'hôtel de ville apportant un relent des divertissements d'autrefois.

Avant de partir pour la Messe de Minuit, il ne faut pas oublier de glisser dans le gros poêle la bûche aspergée d'eau bénite dont les cendres protégeront la maison contre la foudre toute l'année durant.

Anciennement, on servait une soupe de cerises au réveillon de Noël et, dans les campagnes, tous les animaux de la ferme avaient droit à une ration supplémentaire. Mais le vrai repas est le 25 décembre: foie gras, carpe, oie couchée sur un lit de chou rouge, suivi d'un Màttkémmakas, un Munster au cumin et enfin d'une bûche de Noël, d'oeufs à la neige et de salades de fruits.

 

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